Mouvement Nobel : étude du mouvement Nobel comme phénomène social et diffusion de ses idées progressistes et humanistes. Cette branche des recherches s’associe, avant tout, à l’étude de la vie d’Alfred Nobel, des circonstances d’institution des prix Nobel, des activités de sélection des candidats et attribution des prix. En même temps, une grande importance revient à l’héritage, laissé par d’autres membres de la famille Nobel, tout particulièrement, par Ludwig Nobel. Les grands articles généralisants sur ce thème sont présentés dans l’encyclopédie « Alfred Nobel et le mouvement Nobel », qui est en train d’être préparée pour l’impression par « Humanistika ». Après 1917, pendant quelques années suivantes, toutes les entreprises, tous les actifs de la famille Nobel sont devenus propriété d’état soviétique. La composante intellectuelle et spirituelle de leur héritage (brevets, tableaux, bibliothèques etc) a été, pour l’essentiel, remise aux institutions d’état, ou bien, laissée dans les bureaux des entreprises, fondées par le nouveau pouvoir pour donner suite aux activités de production, qui correspondaient au profil des entreprises des Nobel en Russie. On s’est appliqué pour faire oublier le nom de Nobel, comme, d’ailleurs, plusieurs autres. L’usine même a changé de nom: elle est connue des contemporains sous le nom de « Rousski Diesel ». Progressivement, au fur et à mesure du développement des activités du Fonds Nobel à Stockholm, l’intérêt pour la famille Nobel s’est de nouveau accru. La cause en a été le fait, que les Prix Nobel, institués conformément aux clauses du testament d’Alfred Nobel, ont commencé à être reconnus dans le monde comme presque l’essentiel critère d’appréciation de l’œuvre scientifique ou littéraire d’un citoyen. Deux dogmes empêchaient la reconnaissance du prestige des Pris Nobel en URSS. Le premier a été dû à la politique anticapitaliste générale du pouvoir soviétique. Le deuxième – à la réaction des autorités de l`état soviétique aux attributions du Prix Nobel aux citoyens soviétiques, considérés comme dissidents. Simultanément, reconnaissant le prestige social des Pris Nobel, des tentatives ont été entreprises à Moscou d’instituer de telles espèces de prix d’encouragement, qui seraient une « alternative socialiste » aux premiers. Depuis le milieu des années 1980, au fur et à mesure de la libéralisation des politiques intérieure et extérieure l’acuité des critiques du mouvement Nobel a sensiblement diminué. Cette circonstance a été exploitée par Tomas Bertelman, consul général de Suède à Léningrad : il a adressé une demande à Lensovet avec la proposition d’installer une plaque commémorative au nom d’Alfred Nobel, qui avait vécu pendant presque 20 ans dans cette ville. L’académicien I.A. Glebov, président du Centre scientifique de l’Académie des Sciences de l’URSS, a chargé A.I. Melua, qui occupait le poste de directeur de la filiale de Léningrad de l’Institut d’histoire des sciences naturelles, d’étudier la possibilité de réaliser cette proposition. Comme le volume des documents des archives, conservés à l’époque dans la ville, n’était pas connu, je me suis adressé au Fonds Nobel pour y rechercher une aide informationnelle. Bientôt il est devenu clair que, tenant compte du caractère spécifique aussi bien des institutions Nobel, que de l’histoire des relations entre le Fonds Nobel et les dirigeants de l’URSS, il serait plus pratique d’utiliser comme base du travail de recherche des archives non l’institut (qui, de fait, était une institution d’état), mais une association. Le Fonds International d’histoire de la science, association instituée par moi encore en 1986, est devenu cet organisme. Le président du Fonds Nobel académicien Lars Gyllensten et le directeur executif Stig Ramel ont répondu à la demande adressée à leur Fonds. C’est là qu’ont été signées leurs déclarations de collaboration pendant l’écriture des ouvrages d’histoire de la science, relatifs à la vie et à l’activité de la famille Nobel, de même qu’à celles des lauréats du Prix, avec le président du Fonds International d’histoire de la science A.I. Melua. Souvent, parfois quotidiennement, ont eu lieu les rencontres de A.I. Melua avec l’académicien D.S. Likhatchev, dont le cabinet de travail dans la Maison Pouchkine n’a été qu’à 10 minutes de marche de la filiale pétersbourgeoise de l’Institut d’histoire des sciences naturelles de l’Académie des Sciences de Russie. L’académicien A.L. Yanchine, vice-président de l’Académie des Sciences de l’URSS, avait accordé une aide importante à ces travaux. La collaboration avec Stockholm n’a jamais été projetée (et ne l’est toujours pas) comme une entreprise financière. Chaque partie a mené et mène toujours tous les travaux sur son territoire pour son propre compte, n’y joignant jamais des calculs pécuniaires. C’est aussi à cette époque, en conformité au règlement formel des relations intergouvernementales et en réponse à la demande de consultation, adressée par A.I. Melua, que le Ministère des Affaires Etrangères de l’URSS a chargé son diplomate Evgueni Rymko, spécialiste connu en affaires scandinaves, qui avait travaillé à Stockholm, d’aider aux travaux, commencés à l’époque à Léningrad (en 2007 E.P. Rymko a publié le livre « M.A. Cholokhov au pays natal d’Alfred Nobel », où il traite, en partie, des travaux des années 1990). Boris Pankine, ambassadeur de l’URSS en Suède (devenu par la suite Ministre des Affaires étrangères de Russie), lui aussi, a prêté une aide substantielle dans l’établissement de la coopération. Sur l’invitation du Fonds international d’histoire de la science le président du Fonds Nobel et d’autres collaborateurs des institutions suédoises se sont rendus plusieurs fois à Léningrad, y compris pour participer à l’ouverture du monument commémoratif, consacré à Alfred Nobel, près du numéro 24 du quai Petrogradskaïa (octobre 1991), réalisé au frais du Fonds International d’histoire de la science. D. Alander, qui a remplacé T. Bertelman au poste du Consul Général de Suède, a rencontré régulièrement A.I. Melua et visité l’Usine M.I. Kalinine, où on a coulé le monument commémoratif à A. Nobel, utilisant pour cela un alliage de métaux pour faire des canons. Depuis 1991 une aide considérable aux études de l’héritage Nobel en Russie est prêtée par Michael Sohlman, Directeur exécutif du Fonds Nobel. Avec son aide on a obtenu en Russie les documents inconnus. En même temps on imprime en Suède et on envoie en Russie des matériels publicitaires annuels sur les Prix Nobel de physique et chimie, on imprime à grands tirages en russe des conférences de Nobel et on élargit une collaboration humanitaire avec les universités et institutions suédoises. M. Sohlman prend part aux activités de l’Académie Russe des sciences naturelles, d’autres associations et forums. Les travaux des 10-15 dernières années ont permis d’englober par les études toujours plus larges l’héritage de la famille Nobel. Avant tout, il s’agit des fonds de documents. Il s’est trouvé, qu’on découvre des quantités substantielles de documents, relatifs à la famille, dans plus de 30 villes de Russie, et leur nombre global est estimé à plusieurs centaines de milliers de noms. On rencontre une situation analogue dans d’autres pays, comme Suède, Allemagne, France, Italie, où avait travaillé Alfred Nobel et où se trouvaient ses laboratoires et usines de production d’explosifs. Cette liste doit être complétée par les partenaires de Ludwig Nobel et ses fils, qui ont travaillé dans le domaine pétrolier. Nous avons élaboré la structure d’une banque de données informatique, relatif à la vie et à aux activités de la famille Nobel. On a commencé a transformer leurs documents en format numérique. Les documents les plus intéressants seront publiés dans les recueils de cette série des éditions « Humanistika ». Près d’un millier de noms de citoyens des divers pays et plusieurs organismes se sont trouvés intimement liés avec le nom de Nobel en plus de 100 ans d’histoire. Ce sont les lauréats des Prix Nobel, décernés depuis 1901 à Stockholm et Oslo. L’entretien avec certains d’entre eux permet de planifier plus précisément les travaux. Parmi les premiers correspondants on peut citer N.G. Bassov et Professeur Henry Taube, Mère Thérèse, I. Prigojine, G.F. Kohler, N.F. Ramsey, J. Tobin et les autres. L’intérêt pour Ludwig Nobel et autres membres de la famille augmente lorsqu’on envisage leurs affaires dans le contexte d’analyse des circonstances d’institution du Fonds Nobel. Le thème central y est l’étude de la personne d’Alfred Nobel, qui n’a pas été uniquement l’associé de l’entreprise russe de son frère Ludwig. La vie d’Alfred, pleine d’épisodes dramatiques, exige une approche sociale et philosophique. Dans la hiérarchie des résultats de son activité le plus important pour la société de l’histoire contemporaine est la création de la technique d’encouragement des œuvres vivifiantes des hommes. Aujourd’hui, à l’issue de plus de 100 ans depuis la signature du testament de Nobel, nous témoignons : cette entreprise suprême s’est avérée d’une grande utilité pour la société et elle continue à servir le progrès. Les éditions imprimées sur support papier sont traditionnellement les plus demandées. C’est pourquoi, contrairement à des banques de données compliquées, difficiles à manier et conçues pour les spécialistes, la conception et l’impression des livres reste une tache quotidienne. Sa réalisation se résume en apparition des livres dans les écoles, institutions et familles. Depuis le milieu des années 1990 en Russie ont augmenté considérablement les parutions des livres sur les thèmes relatifs à Nobel. Le répertoire des noms d’ouvrages, parus à cette époque, a dépassé le cap de 300 (à l’époque soviétique ces livres se chiffraient par unités). Parmi les livres – près de 20 monographies, publiées par « Humanistika » dans la série sur l’histoire du mouvement Nobel comme phénomène social du XX-ème siècle (leurs auteurs sont les membres de l’Académie des Sciences de Russie: A.D. Nozdratchev, V.V. Okrepilov et autres, professeurs A.M. Bloch, K.N. Zelenine, E.L. Polyakov, V.H. Havinson etc). Les articles biographiques sur les Nobel et leurs partenaires sont publiés dans les encyclopédies biographiques de la série « Humanistika » (plus de 30 tomes ont paru en 1996-2007) et préparés pour impression dans l’encyclopédie biographique « Russie » en 100 volumes, dont la parution est commencée dans les éditions « Humanistika ». Ce genre de travail est basé sur une technologie informatique spéciale unique et sur des techniques, conçues sous la direction de Y.Y. Golko, président du Conseil de surveillance de l’encyclopédie « Russie ». Le volume global de données, contenues dans la mémoire opérationnelle du système, se mesure en plusieurs centaines de terabytes, qui, dans les conditions ordinaires, est un corpus impossible à manier même à une institution à caractère humanitaire, disposant de 1000 ordinateurs personnels. La technologie informatique, conçue et utilisée par nous pour traiter les banques de données « Nobel » et « Russie », est prévue non pour une édition concrète au volume fixe, mais pour un processus de recherche, étendu sur plusieurs années, au cours duquel les données seront complétées, actualisées et précisées. Contrairement à la technologie offset, utilisée auparavant, les imprimeuses numériques nous permettent d’éditer, se servant des bases de données numériques, des tirages à partir d’un exemplaire et au fur et à mesure de nécessité. Les éditions sur supports papier et numérique font entrer dans l’usage scientifique de nouveaux documents, elles contribuent à la popularisation de l’histoire de la société et des réalisations de la science. La reprise du prix et de la médaille de Ludwig Nobel, institués en 1888, poursuit le même objectif. A plusieurs reprises de différentes variantes de leur suite ont été discutées. Au début des années 1990 les chercheurs, étudiant l’œuvre de Nobel (A.M. Bloch, V.S. Mechkounov, V.M. Tutunnik et autres) avaient même proposé des principes concrets de sélection des prétendants à ce prix russe. On avait pourtant besoin d’un collectif, qui pourrait se charger de ce travail avec compétence et enthousiasme. Une grande réussite pour l’affaire a été l’accord de mener les activités, donné par l’équipe créative, dirigée par E.V. Loukochkov et A.V. Yakovleva. A cette époque le groupe avait déjà accumulé une expérience positive d’élaboration et réalisation des manifestations de sélection des candidats et remise des prix d’encouragement aux personnalités de la culture et de l’industrie nationales. L’arrivée de Yaroslav Golko à la tête du Conseil de tutelle de ce prix a conféré une assise fondamentale aux travaux, parce qu’il s’agit là d’un des plus compétents spécialistes de la stratégie d’état en développement du secteur pétrolier – œuvre, auquel Ludwig Nobel a consacré une grande partie de sa vie.
|